Étanchéité à l’air

Renouvellement d’air et étanchéité à l’air . Deux notions à ne pas confondre !

Il faut bien distinguer  :

  • le renouvellement d’air (ou ventilation) volontaire et régulé, permettant d’évacuer l’humidité et les polluants du logement afin de maintenir un air intérieur sain ;
  • l’étanchéité à l’air qui consiste à limiter au maximum les échanges d’air involontaires (ou infiltrations d’air parasites) entre l’intérieur et l’extérieur du logement.

 

Où se situent les principaux défauts d’étanchéité à l’air ?

schema fuites air

Principales causes des infiltrations d’air parasites (41 % par les menuiseries extérieures, 45 % par les équipements, 12 % par les trappes et les éléments traversants, et 2 % par la structure). Source image : Effinergie (d’après CETE de Lyon)

étanchéité à l'air

Exemples de défauts d’étanchéité à l’air détectés à l’aide d’une caméra thermique (violet = entrées d’air froid). De gauche à droite : liaison mur/plancher, prises électriques, trappe d’accès aux combles. Source images : CETE de Lyon

  

Quels sont les bénéfices d’un bâtiment étanche à l’air ?

Gain énergétique

Les flux d’air parasites entraînent une augmentation des besoins de chauffage de l’ordre de 10 à 25 % (pour les bâtiments performants avec VMC double flux). En été, ces infiltrations génèrent des apports d’air chaud.
 

Confort thermique et acoustique

Une mauvaise étanchéité à l’air de l’enveloppe peut altérer le confort des occupants par la présence de courants d’air froids désagréables et une gêne acoustique vis-à-vis des bruits extérieurs.
 

Qualité de l’air intérieur

Une bonne étanchéité à l’air accroit l’efficacité du système de ventilation mécanique en assurant un balayage complet du logement. Dans le cas d’une ventilation double flux, une mauvaise étanchéité à l’air, aura pour conséquence de faire rentrer de l’air neuf dans le bâtiment directement par les infiltrations, il ne passera donc plus exclusivement par l’échangeur : la récupération de chaleur ne sera plus optimale. Par ailleurs, l’air qui transite dans les parois avant de pénétrer dans le bâtiment peut se charger en polluants (fibres, moisissures, COV…).
 
CETELyon Modif VMC air parasite

Modification des flux d’air due aux infiltrations avec une VMC simple flux. Source images : CETE Lyon. A gauche : situation idéale, sans infiltrations d’air parasites. A droite : les infiltrations engendrent plus de débit dans le séjour, les chambres se trouvent donc sous-ventilées.

 

Durabilité du bâti

Les flux d’air circulant dans les parois augmentent les risques de condensation, pouvant mener à des corrosions, moisissures et dégradation des performances de l’isolation. Une bonne étanchéité à l’air permet de limiter les risques de dégradations prématurées des composants de l’enveloppe et donc d’augmenter la pérennité du bâti.

 

Comment faire en pratique ?

Une bonne étanchéité à l’air ne s’improvise pas, trois points sont essentiels pour qu’elle soit effective :

  • conception : la continuité de l’étanchéité doit être anticipée et les détails de réalisation soigneusement prévus en amont du projet de construction ou de travaux de rénovation (carnet de détails fournis aux entreprises) ;
  • matériaux : la pose doit être réalisée avec soin et avec des produits adaptés : films d’étanchéité, bandes adhésives spécifiques, joints pré-comprimés, manchons pour câbles et gaines techniques…
  • mise en œuvre : l’ensemble des intervenants doit être sensibilisé. De plus, plusieurs corps de métiers sont impliqués dans la bonne réalisation de ce poste. Une coordination entre les différentes entreprises est donc nécessaire afin que leurs interventions respectives ne viennent pas endommager les travaux précédemment réalisés (par exemple le passage des fils électriques doit se faire sans rompre l’étanchéité à l’air des parois).
technique etancheite

De gauche à droite : Jonction entre deux lés de frein-vapeur assurant l’étanchéité à l’air. Source image : Isover Manchon pour traversées de gaines ou de conduites. Source : Pro Clima Boitier électrique étanche à l’air (nécessaire lorsque cette fonction est assurée par le parement). Source image: Energivie Joint pré-comprimé (ou compribande) pour la pose des fenêtres. Source : Energivie

 
 

objectifs Q4

Source image : Energivie.

 

Test d’infiltrométrie

Pour vérifier l’étanchéité à l’air d’un bâtiment, on effectue un test d’infiltrométrie (ou test d’étanchéité à l’air, ou test à la porte soufflante ou blower door test), qui consiste à mesurer le débit d’air parasite passant à travers l’enveloppe. L’indicateur est le Q4Pa-surf, exprimé en m³/h/m², il correspond au débit sous 4 Pa de dépression par unité de surfaces donnant sur l’extérieur (hors plancher bas).

 

Déroulement d’un test d’infiltrométrie

  1. Montage de la porte soufflante à la place d’une porte (ou fenêtre) existante.
  2. Obstruction provisoire des bouches d’extraction et des entrées d’air du système de ventilation.
  3. Mise en dépression (ou surpression) du bâtiment à l’aide du ventilateur de la porte soufflante.
  4. Mesure du débit d’air qui passe à travers les défauts d’étanchéité (calcul du Q4Pa-surf).
  5. Recherche des fuites éventuelles (fumigène, anémomètre, caméra thermique).
test infiltro ALE

Porte soufflante avec son ventilateur. Source image : ALE Montpellier

En construction neuve, l’idéal est d’effectuer deux tests d’étanchéité : le premier en phase travaux pour repérer les fuites, le deuxième en phase de réception pour vérification. Ce premier test préventif permet de mieux localiser et réparer les défauts d’étanchéité (évitant ainsi, par exemple, d’endommager les finitions). Trouver un opérateur autorisé à faire le test pour une labellisation BBC, Effinergie+ ou dans le cadre de la RT 2012.
Les professionnels non autorisés peuvent effectuer des tests hors labellisation.

 
 
 
 

Pour aller plus loin

Agence Locale de l'Energie