Éduc’Énergie 1 – Juin 2014

Educ_energie_1Au sommaire :

  • édito audio par Dominique Delourme,
  • le défi des éco-écoles,
  • retour d’expérience sur « La maison économe »,
  • bien plus encore !

 

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Édito audio : en 1 minute, l’éducation à l’énergie vue par…

 …Dominique Delourme, IEN pilote du groupe départemental sciences.
 
 
 
 

Le défi des éco-écoles

Présentation du défi par Pauline Lattuca, coordinatrice du projet au sein de l’Agence Locale de l’Énergiedefi-des-ecoles

Le projet gagnant-gagnant, ou « défi des éco-écoles », est né d’une volonté de la commune de Saint-Jean-de-Védas de mobiliser tous les utilisateurs des écoles sur les questions de maîtrise des consommations d’énergie et d’eau.
L’Agence Locale de l’énergie Montpellier a accompagné les services de la ville dans cette démarche en sensibilisant les utilisateurs aux éco-gestes et en identifiant des premières actions d’optimisation (réglage du chauffage, ajustement du débit des robinets, mise en place d’horloge coupe veilles…).

« Gagnant-gagnant », pourquoi ?
Les économies financières générées sur une année scolaire sont réparties entre les différentes parties prenantes. Commune et écoles se sont mises d’accord en début d’année sur les conditions de répartition par le biais d’un « contrat moral ».
Les élèves, le personnel, les enseignants et animateurs ont pu suivre chaque mois l’avancement du projet. Les résultats étaient affichés dans les hall d’entrée, pour maintenir l’intérêt et susciter également la curiosité des parents d’élèves.

Au-delà des aspects économique et environnemental manifestes, ce défi a permis de faire tomber certaines barrières, de créer une dynamique collective positive et d’identifier des pistes d’amélioration du confort des usagers.
Une méthode qui paie, puisqu’à ce stade du projet, les économies réalisées sont comprises entre 6 et 25 % !
Un évènement de clôture est prévu à la fin du mois.

 

Témoignage de Gaëlle Valentin, chargée de mission Agenda 21 pour la commune de Saint-Jean-de-Védas.

Quelle est votre vision du projet : point de vue général, points positifs/négatifs ?

La mise en œuvre de ce projet multi-partenarial a permis d’un point de vue pédagogique, la complémentarité éducative. Effectivement, outre la rencontre des différents corps de métiers accompagnant les enfants tout au long de la journée, un réel projet global au sein de l’école a pu être développé, repris de concert sur les différents temps de l’enfant (accueil périscolaire, classe, cantine).

De fait, une approche de la thématique « réduction des consommations énergétiques » diverse et variée a été structurée que cela soit davantage théorique et expérimental sur le temps scolaire ou bien créatif et ludique sur le temps périscolaire.

Les équipes se sont emparées pleinement de ce projet grâce aux différents outils mis à disposition ainsi que l’accompagnement de terrain proposé par l’ALE.
La construction de ce projet via une pédagogie dite de « projet » a permis d’associer les enfants tout au long de la démarche : apports de connaissance et immersion via la visite de « La maison économe » et les cahiers énergie, réalisation du diagnostic du bâtiment mené par les enfants, listing des pistes d’actions, mise en œuvre et restitution mensuelle des résultats qui permet à la fois de faire un point régulier et est source de motivation.

D’un point de vue plus fonctionnel, la rencontre des différents acteurs via la mise en place de comité technique réunissant des représentants des différents corps de métiers permet une approche transversale au sein des services de la ville. Il s’agissait notamment de faire les choix techniques ensemble, de mieux connaitre les différentes contraintes de chacun. Cette concertation a évacué l’écueil d’un « bureau des pleurs » et orienté le travail vers des actions concrètes, raisonnées, pertinentes et efficaces notamment avec l’appui technique précieux de l’ALE.

Un des grands plus de ce projet a été la prise en compte d’un temps de formation dans les crédits d’heures des enseignants. En cohérence avec la dynamique de projet cela devrait être sur ½ journée, avoir lieu au sein du site scolaire avec les différents partenaires concernés avec prise en compte sur le temps de travail tant au niveau des agents de la collectivité que des maîtres.
Quelle a été l’implication de la commune sur ce projet ? Qu’en pensez-vous ?

La mise en place de ce projet a été efficace car une démarche de travail partenarial entre enseignants et services de la mairie est déjà impulsée. Ce qui a permis de gagner du temps.
La difficulté première étant de budgétisé un tel projet bien en amont de son lancement sur les BP (Budgets Prévisionnels). L’implication résulte par ailleurs des résultats de l’expérimentation… Les besoins financiers seront certainement davantage pris en compte en s’appuyant sur le bilan de l’opération.

Quelles sont les perspectives d’avenir de ce projet ? Souhaitez-vous engager à nouveau dans ce projet l’an prochain ?

J’espère de tout cœur que cette démarche impulsée sera maintenue, peut-être via des dispositifs « éco-écoles » menés directement par les écoles.

 

Témoignage de Alain Pierre, enseignant sur la commune de Saint-Jean-de-Védas

Quelle est votre vision du projet : point de vue général, points positifs/négatifs ?

Grâce à des actions concrètes, le projet a permis une action de tous les partenaires (enfants, personnels de service, maîtres, ALAE, gestionnaire chauffage, ALE) sur nos capacités à réduire nos consommations ou d’en évaluer la justesse à un moment T, de mettre en phase l’idée que nos ressources ne sont pas inépuisables en relation à notre consommation, réflexions qu’on peut aisément transposer au domicile.

Point positifs :

  • associer les différents partenaires de manière coopérative ;
  • projet suivi sur un temps long, partenariats avec ALE, Mairie… ;
  • une coordonnatrice nécessaire et efficace du projet / des acteurs ;
  • une parution périodique efficace, ludique et facile à comprendre : tableaux, graphiques, gains… ;
  • l’espoir d’un retour financier sur le Groupe scolaire ;
  • 4 réunions pour mettre en place et suivre le projet ;
  • les réductions de consommations sont au moins de 30 % sur l’année !
Points négatifs :
  • l’ensemble des enseignants n’a pas répondu présent pour s’approprier le projet (2 classes seulement sur 6), cependant les délégués ont permis une diffusion du projet dans l’école ;
  • une seule réunion a été prise en charge sur les heures de formation obligatoires des personnels éducation nationale ;
  • pas assez de relais vers les familles, malgré une intervention au Conseil d’école ; cependant les retours des enfants à la maison sont difficilement mesurables…
Actions menées concrètement :
  • la mise en relation des éco-délégués avec le projet et un retour de leur part dans les classes ;
  • une mise en place d’idées simples : élèves responsables des fermetures de portes, d’éclairages, installations de capteurs et sondes, limitateurs d’eau, brise-jets, installations d’interrupteurs de salles (informatiques, toilettes…), ramassage du papier pour le tri ;
  • suppression du chauffage des toilettes extérieures ;
  • modifications de la chaudière et régulation des températures après une études des courbes journalières ;
  • installation de brise-jets, chasses à débit limité et limitateurs d’eau (après étude des débits) ;
  • marché de connaissance autour du vivant, de la protection de la ressource, lors d’un atelier plantation d’arbres au Chai du Terral ;
  • 1/2 journée de formation à l’ALE avec les partenaires du projet.
Implication de votre école sur ce projet :
  • deux enseignants et leur classe au travers de la Journée de plantation et du marché de connaissance ;
  • leçons et exposés dans les classes sur les énergies les économies… ;
  • début d’utilisation de l’Agenda 21 (OCCE) ;
  • les retours des délégués au niveau du conseil des élèves, des deux enseignants au niveau du Conseil des Maîtres ;
  • élèves acteurs : déchets papiers, interrupteurs, fermetures de portes, non-gaspillages d’eau… ;
  • intérêt lors de la parution et de l’affichage des résultats…
Quels en ont été les bénéfices pour les enseignants, pour les élèves ?
  • meilleure connaissance des partenaires de l’école, de leurs contraintes ;
  • des résultats positifs évidents d’une autre gestion des ressources en eau, électricité et chauffage (même si pour le chauffage les actions ne dépendaient que peu de nous) ;
  • il semblerait que nous sommes bien placés sur les réductions par rapport aux autres groupes scolaires…

Quelles sont les perspectives d’avenir pour ce projet ? Pensez-vous vous engager à nouveau dans ce projet l’an prochain ?

Personnellement, j’ose espérer que la Mairie de Saint-Jean-de-Védas sera encore partenaire avec une personne pour centraliser les actions en impulser et en dynamiser de nouvelles.
D’autre part, je considère nous avons tous à y gagner et que le projet porte bien son nom, qu’il a sa place dans une école et je souhaite donc poursuivre ma contribution.

 

 

Suite à sa visite de l’exposition « La maison économe », Estelle Rodriguez, enseignante à l’école Sévigné, nous fait partager son expérience.

L’invitation de l’Agence Locale de l’Énergie a été accueillie par notre classe avec un grand intérêt pour plusieurs raisons :

  • les économies d’eau et d’énergie sont une préoccupation sociétale qui concerne tous les usagers de l’école, dont nous (les élèves de la classe de CE2 de l’école Sévigné) faisons partie ;
  • les démarches et pratiques écocitoyennes, préconisées par les programmes de l’éducation nationale, constituent un axe majeur du projet de l’école Sévigné ;
  • les programmes de Sciences pour le CE2 font la part belle à l’eau, à l’énergie, et à la gestion des déchets.
Notre visite de « La maison économe » nous a permis de découvrir – par groupes de 6 à 7 élèves, aidés par Vincent Grivois, la maîtresse et les adultes accompagnateurs – les gestes malins que nos proches, les adultes de l’école et nous-mêmes pouvions adopter en faveur d’une utilisation optimale de l’eau et de l’énergie, au quotidien, à notre domicile, à l’école, à l’occasion de nos déplacements.De retour en classe, nous avons débattu autour de la question suivante : « Pourquoi est-il nécessaire de lutter contre le gaspillage d’eau et d’énergie ? ». Équipés du livret qui nous avait été remis au début de la visite, nous avons partagé les informations recueillies sur les panneaux des 4 pièces de « La maison économe » et discuté des gestes malins suggérés par l’Inspectrice Lafouine. Enfin, nous nous sommes mis d’accord pour rédiger une « écocharte de l’école Sévigné ». Par groupes de 4 à 5 élèves, nous avons réalisé plusieurs affiches (1 affiche par groupe) :
  • « les écogestes dans les sanitaires » ;
  • « les écogestes dans la classe de CE2 » ;
  • « les écogestes dans la cantine » ;
  • « les écogestes dans la salle des maîtres et le bureau du directeur » ;
  • « les écogestes dans la salle polyvalente ».
Les affiches sont aujourd’hui fixées sur les murs des locaux concernés, à la vue de tous les usagers de l’école. Et depuis nos premiers pas dans « La maison économe », nous n’hésitons pas à rappeler à notre maîtresse que nous nous trouvons dans une « école économe » :
  • « Maîtresse, peut-on éteindre les lumières de la classe et ouvrir les rideaux pour voir si nous pouvons travailler sans utiliser l’électricité ? »
  • « Maîtresse, avez-vous demandé au directeur s’il était d’accord pour installer des chasses d’eau à double débit dans nos toilettes ? »
  • « Maîtresse, vu votre tête, je crois que nous faisons trop de pollution sonore ! »

Estelle Rodriguez, enseignante de la classe de CE2, école Sévigné, Montpellier.

Affiches de sensibilisation réalisées par les élèves suite à leur visite de l’exposition « La maison économe ».